Acerbitatis Mortis

Amertume de la mort, Visions d'un autre monde

11 mai 2008

Noires pensées

DSC02757

Posté par Palelune à 17:08 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 mai 2008

L'arbre et la corde

m_l_ze

Je cherche une corde en chanvre

Et un arbre pour me pendre

Un vieil arbre au tronc trapu

Un grand arbre bien feuillu

Une branche au bois poli

Où je suspendrai ma vie

Olivier chêne ou mélèze

J’y oublierai mon malaise

Je cherche une corde en chanvre

Et un arbre pour me pendre

Posté par Palelune à 12:22 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 avril 2008

LE GEANT LAPIN

Oyez oyez braves gens

Oyez cette histoire de Firmin le potier

Bruit lourd dans la forêt

Cinq coudées de haut au moins

Sur la place du village

Vient d'arriver un géant lapin

De mémoire de paysan

Jamais un si gros animal on ne vit

Méchant point il n'était

Mais tout le maïs allait grignoter

L'intelligent potier une solution devrait trouver

Alors villageois et paysans allèrent l'interroger

Stupéfait il fut devant l'énorme rongeur

A gros lapin grosse carotte pensa Firmin

Et dans son atelier un légume de deux coudées se mit à travailler

Aussi vraie qu’une vraie la plante potagère bientôt fut terminée

Juché sur ses échasses le potier dans son dos le leurre attacha

Museau remuant dans le vent

La boule de poils par la carotte attirée

De Firmin se rapprocha pour faire un bon repas

Grandes enjambées les échasses faisaient

Et le joyeux animal derrière Firmin gambadait

A plusieurs lieux du village ainsi le mena

Loin des champs de maïs et des greniers à grains

Dans une grande prairie sûrement magique

Où grignotaient moult géants lapins

Oyez oyez Villageois et paysans

Oyez cette étrange histoire de Firmin le potier

Posté par Palelune à 19:12 - Firmin le potier - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 avril 2008

La porte noire

porte_noire

La porte était ouverte, alors je suis entré

La porte était ouverte, elle m’attirait

Odeur du salpêtre et de l’humidité

Fraîcheur de l’air et silence léger

La porte était noire comme mes pensées

Assis sur la dalle les jambes croisées

Je goûtait le calme et m’interrogeais

Puis j’ai senti sa présence à mon côté

Elle était là je le sais

J’ai pu la ressentir, j’ai pu la toucher

Quand j’ai voulu partir, la porte était fermée

La porte était fermée elle m’emprisonnait

Posté par Palelune à 21:33 - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 avril 2008

Les fourmis et Firmin

Oyez oyez braves gens

Oyez l’histoire de Firmin le potier

La reine et le roi des fourmis

De leur cité souterraine étant sortis

Entre les carreaux du sol passèrent

Pour observer Firmin travailler la terre

Il se disait dans le petit royaume

Que ce potier était un savant homme

Voyant sur le linteau de la cheminée

Le couple royal installé

L’artiste en leur honneur

Une fourmi décida de sculpter

Les mains tournoyaient malaxant la glaise

Pattes antennes couronne

Sous les mains de Firmin doucement prenaient forme

Les petites têtes couronnées

Admiraient le travail ainsi produit

Quand du four la bête de terre enfin sortit

De suite la reine se reconnut

Saluant comme il se doit

Firmin donna la statue aux royaux insectes

Fiers ils étaient de ce présent

Offert par le gentil géant

Se glissant sous l’œuvre encore tiède

Des milliers de Fourmis en route se mirent

Portant sur leur dos l’idole en terre cuite

On raconte qu’une nuit de pâle lune

Une gigantesque fourmi sortant de chez Firmin

Partit dans la forêt rejoindre le malin

Depuis ce temps là rentrant de la messe

Le dimanche matin

Les vieilles se signent

Traversant la clairière

Où habite Firmin

Oyez oyez braves gens

Oyez l’histoire du potier que les vieilles craignaient

Posté par Palelune à 21:15 - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 avril 2008

Les fêtes de Pampelune

Oyez oyez braves gens

Oyez l'étrange histoire de Firmin le potier

Sur ses échasses grimpé

Baluchon sur le dos et gourde au côté

Aux fêtes de San Fermín décida d’aller

Pour courir devant les taureaux dans la rue lâchés

A Pampelune étant arrivé

De blanc et de rouge vêtu à l’encierro s’est rendu

Noires étaient les bêtes grandes étaient les cornes

Quand furent ouvertes les portes de l’enclos

Vague blanche à la rouge écume

La foule des coureurs en mouvement se mit

Au milieu des cris Firmin courait le cœur battant

Martelé sur les pavés Le bruit des sabots de lui se rapprochait

Bavant l’écume rendu furieux fracassant la palissade de bois

Le plus gros des taureaux dans la ville s’échappa

Poursuivant Firmin qui par la brèche était parti

Toute la matinée dans les rues inconnues Firmin courut

Se jouant des cornes de la bête en furie

Sous les yeux des habitants ébahis

La lute inégale continua l’après-midi

Et le taureau en premier arrêta la partie

Dompté qu’il était par un têtu potier

Jetées étaient les fleurs

Sur le passage de Firmin

Grande fête fut donnée

Et le taureau gracié

Sur ses échasses grimpé

Baluchon sur le dos et gourde au côté

Vers la lande mystérieuse Firmin repartit

Fière noire et puissante

L’énorme bête marchait devant lui

Oyez oyez braves gens

Oyez l’histoire du potier qui les taureaux savait dresser

Posté par Palelune à 20:57 - Firmin le potier - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 mars 2008

la lâcheté des dieux

Oyez oyez braves gens

Oyez l’histoire de Firmin le potier

S’en revenant d’Espagne

Les Pyrénées traversait

Quand dieux des vents et des tempêtes

Décidèrent de s’amuser du potier

Du bleu au noir le ciel passa

Sauvages éclairs le sol frappaient

Poing rageur au ciel levé

Courbé dans sa peau de mouton

Firmin avançait

Pluie drue et froide neige

En lourdes rafales sur lui s’abattaient

Insultant les cieux et tenant son béret

Firmin avançait

Bonhomme têtu et courageux

Bravant les dieux et leurs stupides jeux

Dans une grotte enfin se réfugia

Hurlait le vent tombaient les arbres

Roulaient les rochers par la boue emportés

Dans son refuge du bois mort trouva

Et d’une mèche d’amadou l’alluma

Qu’un potier puisse les ridiculiser

Comment le supporter

La puissance des dieux n’a d’égal

Que leur grande lâcheté

Alors que sur son feu se réchauffait

Par un ours gigantesque

Le firent décapiter

Oyez oyez villageois

Oyez l’histoire de Firmin

Oyez l’histoire du potier par les dieux assassiné

Posté par Palelune à 10:05 - Firmin le potier - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 mars 2008

Pensées d'un vampire

Cim_29

Comme tous les cent ans, je viens de me réveiller.

Cette nuit, je vais aller chasser.

Trouver quelques humains à saigner et à boire avant de me recoucher pour une centaine d’années.

Quelque chose dans l’air a changé.

Une étrange lueur entoure le cimetière, et des bruits que je ne peux identifier émanent de la ville proche.

A chaque fois c’est pareil je suis toujours surpris par le progrès réalisé par les hommes.

Hum ! pourvu que la qualité du sang n’en soit pas altérée.

Enfin, que mon festin soit agréable, et la chasse excitante.

Que je puisse rapporter à mon seigneur des ténèbres quelques belles âmes vierges et pures afin qu’il m’accorde un prochain réveil.

Aller je me risque à l’extérieur.

Posté par Palelune à 15:34 - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 mars 2008

La fille du Nord

Oyez oyez villageois

Oyez l’histoire de Firmin le potier

Figure de proue colorée

Grand bateau sur le sable posé

Sur la plage déchargeait

De hauts guerriers blonds et armés

Traversèrent la forêt

Traversèrent le village

Sans mots prononcer

Sans maisons piller

Tout droit se Dirigeaient

Vers la maison du potier

Devant les visages défaits

Des Habitants terrorisés

Quand à son huis Firmin entendit frapper

Alla la porte ouvrir

Loin de se douter

De ce qu’il allait découvrir

D’abord stupéfait devant les guerriers

Son regard se posa

Sur celle qu’ils escortaient

Une fille du nord

Casque à cornes et yeux d’horizon

Rousse comme le feu

Vêtue de vison

Main tendue vers celle de Firmin

Présentait un parchemin

Au milieu des runes un dessin

Poterie fine et ouvragée

Que seul notre potier

Pouvait réaliser

Campement installé les voyageurs attendraient

Le temps qu’il faudrait

Les dieux du nord sont compliqués

Moult détails dut façonner

Sur ce qu’en fait s’avérait être un bouclier

De pierreries fut orné

D’or fin fut renforcé

A la princesse fut donné

Par le potier émue et troublée

Avec Firmin la dernière nuit décida de passer

Un sac d’or sur la table posé

Au pays des tempêtes au matin repartit

Riche mais seul

La fille du nord Firmin pleurait

Oyez oyez villageois

Oyez la triste histoire de Firmin le potier

Posté par Palelune à 21:27 - Firmin le potier - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 mars 2008

Firmin et la voyante

Oyez oyez braves gens

Oyez l’histoire de Firmin le potier

Dans une grotte au cœur de la forêt

Une très vieille femme vivait

Si vieille elle était que le centenaire du village

A qui voulait l’entendre racontait

Que tout petit déjà vieille il la voyait

Devant la grotte un jour Firmin vint à passer

La vieille alors à entrer l’invita

Et dans la caverne intrépide notre potier entra

Poules et poulets au sol les graines picoraient

Sur la table vermoulue une grosse boule de verre

Sous les mains de la vieille brillait d’un vif éclat

A genoux sur le sol fasciné

Firmin regardait dans la boule tournoyer la fumée

Ongles longs, doigts crochus autour du verre

La sorcière des arabesques dessinait

Et là dans les vapeurs prisonnières

Des images apparaissaient

Bêtes fabuleuses indomptables tempêtes

Personnages étranges avec couronne sur la tête

Mondes inconnus diables cornus

Dans la boule se télescopaient

Ces visages Firmin les connaissait

Mais la vieille en restait bouche bée

Tremblante son regard horrifié

Vers le potier se dirigeait

Puis le globe repoussant

Avança vers Firmin en se prosternant

Moult signes de croix et gestes bizarres faisant

Avec grand égard vers la sortie son gênant invité poussa

Oyez oyez braves gens

Oyez l’étrange du potier qui les voyantes terrorisait

Posté par Palelune à 21:28 - Firmin le potier - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 février 2008

Le mourant

Image_000

Regardes moi , allongé et maigre sur ce drap

La mort m’a touché du doigt

Regardes moi, je ne vois plus que toi

Toi ma lumière dans la nuit qui vient

Viens me réchauffer encore une fois

Encore une fois toucher ton visage

Mes dernières forces pour te prendre le bras

Avant que le froid ne m’envahisse.

Comme elles sont chaudes tes larmes

Comme elles me font du bien

Et comme elles me brisent l’âme

Tant à partager et tant de temps perdu

La vie devant toi, la vie devant toi

En dieu je ne crois pas

Nous ne nous reverrons donc plus

Que de temps perdu

La mort m’a touché du doigt

Serres moi fort contre toi

La voilà …la voilà

Posté par Palelune à 21:41 - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 février 2008

La pierre

DSC00062

Je dormais depuis plus de deux siècles allongé sous cette pierre

Bien sur au début je percevais le chagrin des vivants

Je sentais les fleurs des champs déposées sur mon nom avec amour

Mais les visites s’espaçant je me suis endormi pour toujours

Pourtant il y a quelques temps, je fus réveillé par une larme

Une larme tombée sur ma pierre tombale

Depuis je ressens régulièrement cette présence, douce et fragile

Je suis heureux, chaque jour je l’attends. Dès fois elle me parle

Et sa voix …sa voix me rappelle

.......

Je m’appelle Rose.

J’ai pris pour habitude de venir dans ce cimetière oublié

Sur cette tombe ancienne je m’assois et je laisse vagabonder mes pensées

La première fois, j’ai ôté de ma main la mousse pour lire la date gravée

1685 – 1750 alors j’ai pleuré en pensant à la solitude de ce lieu

Quelques fois je me surprends à parler à la personne ici enterrée

Et par curiosité la mousse j’ai continué à gratter

Sous la date il est écrit Ci-gît Firmin Le potier

Posté par Palelune à 21:50 - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 février 2008

Le diable de Firmin

Oyez oyez braves gens

Oyez l’histoire de Firmin le potier

Un jour le diable Firmin vint chercher

Pour le grand chaudron de lave de l’enfer réparer

De la large fissure ouverte dans la clairière

Le soufre remontait en jaunes vapeurs

Tête cornue queue fourchue

Debout sur ses pattes arrières

La porte de la poterie d’un coup de trident éclata

Par la chemise Firmin attrapa

Et dans les entrailles de la terre l’emmena

Remis de ses émotions

La brèche constata dans le chaudron

Et au travail en l’instant notre potier se mit

Dans le bruit la poussière et l’intense chaleur

L’artiste colmatait avec ardeur

La fissure de l’infernale marmite

Son front ruisselant d’un revers de manche essuyait

Contemplant sa tache terminée

Avec moi en enfer tu vas rester dit le diable

Posant sa fourche sur la gorge du potier

Mais comment garder près de toi

Un homme qui en dieu ne croit pas

Voilà qui est juste Firmin

Et sur un geste de la main dans la clairière

Le potier renvoya

Grisé par l’air frais titubant jusqu’à son atelier

La porte défoncée lui prouva que rêver point il n’avait

Oyez oyez l’histoire de Firmin

Oyez l’histoire du potier que le Diable connaissait

Posté par Palelune à 21:21 - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 février 2008

Les figés

Presque deux heures. Presque deux heures que je suis là devant mon blog, devant cette photo prise cet après midi. Cette terrible photo. Deux heures que j’attends une réponse de quelqu’un n’importe où dans le monde, mais au moins une réponse ! suis je donc le dernier être humain non figé ?

J’étais assis derrière la cathédrale, cherchant le meilleur angle pour photographier l’ange de pierre. Je les ai vu arriver ces deux amoureux, choisir l’endroit pour immortaliser leur passage devant le célèbre édifice. En riant ils se sont installés là et … plus rien ils ne bougeaient plus ! figés ! c’est là que j’ai pris conscience du silence qui m’entourait. Me retournant brusquement, je les ai vu , tous comme gelés, voitures arrêtées, passants statufiés, et cette mamie devant son magasin, les enfants et le petit chien tous…Je les ai photographiés sûrement pour me rassurer me disant que non ! ce n’est pas possible, je dois rêver c’est un cauchemar ! Alors je suis rentré chez moi en courant comme jamais je ne l’avais fait. Evitant ces statues de chair, criant pour briser le silence de la ville morte. La radio était muette, la télé éteinte. Internet… oui voilà ! Internet mon blog ! poster les photos, attendre… attendre.

Presque deux heures. Presque deux heures que je suis là devant mon blog

P1110262ok

p1110241

Ces deux superbes photos sont signées  L.

http://zoomsurlecoeur.com/wordpress/

Posté par Palelune à 21:41 - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 janvier 2008

La Camarde

Oyez oyez braves gens

Oyez l'étrange histoire de Firmin le potier

La peste à travers le royaume sévissait

Chacun chez soi restait cloîtré

Minuit à la pendule venait de sonner

Quand à son huis trois coups entendit frapper

Une chandelle à la main Firmin sa porte ouvrit

Grande maigre encapuchonnée appuyée sur sa faux la mort attendait

Ne s'étonnant de rien et croyant son heure arrivée

Dans son atelier la fit entrer lui trouva un siège au coin de la cheminée

Je ne viens pas pour toi Firmin dit la voix sous la capuche

Je suis fatiguée d'avoir trop tuer et je dois me reposer

Toi qui soigne les anges et joue avec les fées

Je savais qu'en ta maison la mort accueillerais

Penchant la tête dans un sinistre craquement

Au fond de la poterie la camarde s'endormit

Elle resta là dormant deux mois durant

Firmin en prenait grand soin

Epoussetant quelques fois la robe de bure et le noir capuchon

De peste il n’y avait plus de morts non plus

Quand l’heure du réveil enfin fut venue

La belle notre potier remercia

D’une glaciale tape sur le dos

Susurrant à son oreille

Je reviendrai Firmin je reviendrai

Puis sous la lune la décharnée dans la lande disparut

Oyez oyez braves gens

Oyez l’histoire du potier qui la mort point ne craignait

Posté par Palelune à 21:42 - Firmin le potier - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 janvier 2008

Souvenirs de plage

Photo Valérie

http://art17.canalblog.com/

21198728

6 juin 1944 6h15 Omaha beach. J’étais malade dans la péniche de débarquement. Le mal de mer, la trouille la vraie, celle qui paralyse. La plage était là sortant du brouillard. Quand les premiers obus sont tombés, je crois que je me suis pissé dessus. Mon ami henry avait vomi beaucoup plus que son corps devait contenir d’organes. Le bruit était assourdissant, puis d’un coup la porte est tombée.

Seul. Je me suis retrouvé instantanément seul et sourd au milieu d’un bateau rempli de cadavres tous déchiquetés par une bombe. Protégé que j’étais par les restes du corps d’henry. C’est la panique qui m’a obligé à me ruer à l’extérieur. enjambant mes camarades comme un fou qu’à cet instant je devais être. Un fou en enfer.

Je suis tombé à l’eau, j’ai coulé instantanément, quand mes pieds ont touché le sable, je voyais au dessus de moi ce halo lumineux au travers de l’eau ; ce halo de lumière et donc d’oxygène. Tel un scaphandrier pas après pas je remontais la pente. La lumière était plus proche, l’eau plus rouge . c’est entre deux cadavres mutilés que j’émergeais. respirant à plein poumons cet air saturé de l’odeur du sang et de la poudre.

Lentement je sortais de cette tombe liquide. J’avais retrouvé le sens de l’ouïe, et les hurlements des blessés m’étaient insupportables.

C’est à ce moment que je les ai vu ces deux cavaliers. Arrivant tranquillement, au trot au milieu des morts, traversant les barbelés sans même sans soucier. A mon niveau se sont arrêtés, m’ont poliment salué puis ont repris leur promenade sur la plage. Je les regardais s’éloigner sur une grève dégagée et claire comme un matin de vacances. L’enfer à ma gauche, le paradis à ma droite. Mais à travers leurs silhouettes je pouvais voir la falaise.

Là j’ai compris que je ne mourrais pas ici. Non, ni là ni maintenant. Alors j’ai marché droit vers le pied de cette falaise où s’abritaient mes camarades de l’horreur. Et j’ai ensuite marché bravant la mort, d’Omaha beach jusqu’au nid d’aigle de Berchtesgaden, couvrant ma poitrine de médailles et de galons.

Je reviens régulièrement tous les trois ans sur cette plage. Le temps n’efface pas le cauchemar

Si je griffonne ces quelques lignes à la hâte sur un bout de papier, c’est qu’aujourd’hui, je les ai revu, les cavaliers. Sur cette belle plage ensoleillée. Se sont arrêtés m’ont salué je sais maintenant que je vais mourir là. Je ne retournerai pas chez moi. Pas cette fois.

Lettre trouvée à côté du corps d’un touriste américain. Arthur Obson. Le commandant Obson qui débarqua sur la plage où il vient de mourir le 06 juin 2007.

Posté par Palelune à 21:20 - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 janvier 2008

La fée de Firmin

Photo montage LORD KELTES

http://lkvisions.canalblog.com/archives/p6-6.html

20016018

Oyez oyez villageois

Oyez l’histoire de Firmin le potier

S’en revenant du village bien après minuit

En traversant la forêt

Sa lanterne haute devant lui tenait

Par la vacillante lumière attirée

Une jolie fée ailée

Sur la main du potier vint se poser

Grand prodige que cette rencontre

Car de fée nul jamais n’avait vu

Et Firmin sûrement des hommes le premier fut

Installée dans l’atelier

Elle le ravissait par ses tours magiques

Et l’artiste potier inspiré créait des œuvres magnifiques

Sans faille était leur amitié

Mais rien jamais ne peut rester secret

Et la cupidité finit par ce conte briser

Une poignée de briguants par un cirque embauchés

Alors que de la glaise dans la forêt Firmin cherchait

Entrèrent dans l’atelier pour la fée capturer

Malgré sa petite taille c’était une redoutable guerrière

Quand de sa quête Firmin revint

Au milieux du fracas et des taches de sang

Gisait son amie

Elle attendait là sur le sol le retour de son potier

Quand au creux de ses mains il la mit

Dans un tourbillon d’étoiles son dernier soupir l’emmena

Ainsi meurent les fées

On raconte que de son atelier jamais Firmin ne ressortit

Oyez oyez cette étrange histoire

Oyez l’histoire de Firmin le potier

Posté par Palelune à 16:21 - Firmin le potier - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 janvier 2008

Le portail

Photo ISIS

http://lejardindephilae.over-blog.com/

Le_portail

Inattendu et insolite en ce lieu, le portail était vieux, rouillé, entrouvert. Un portail seul, sans clôture, au milieu d’un bois, fiché dans le sol comme tombé de la lune. Je décidais de le franchir.

Je n’ai pas tout de suite pris conscience du vertige qui m’envahissait. Quand les arbres autour de moi se sont estompés pour ouvrir ma vue sur un horizon noir et étoilé, je me suis senti tomber dans l’infini; comme aspiré par un vide, un vide qui me portait.

Je marchais ou plutôt, je flottais en marchant sur un sol inexistant. Tout était étrange, j’étais dans un ciel de nuit. Emerveillé par tant de beauté, je n’ai pas vu arriver ces sombres créatures qui se confondaient avec ce paysage crépusculaire. Les premier frôlements me firent l’impression de traverser une géante toile d’araignée. La beauté de ce lieu magnifique se changea bien vite en cauchemar car je compris très vite, à la première morsure, être la proie d’une partie de chasse.

Je distinguais au dernier moment leurs petits yeux jaunes et blancs. Elles me semblaient nombreuses. Les terribles douleurs au sommet de mon crâne ne pouvaient qu’être faites par des créatures ailées. Le sang brouillait ma vue, je distinguais à peine ce petit point lumineux, loin trop loin. Ce portail maudit posé là comme un appât. Elles ne m’auront pas , pas moi.

Je me suis débattu, faisant tourner ma chemise au dessus de ma tête, leurs griffes me lasseraient le dos à chaque passage de cet essaim mortel. Il était là maintenant je pouvais voir les arbres, la lumière. Encore un effort un dernier. quelques mètres. Encore un effort.

Les rapports des experts stipulent que les trous dans ma chair ont été fait par des mâchoires acérées d’animaux inconnus. Une dent restée fichée dans mon omoplate est aujourd’hui exposée au musée de Brumevaire à côté des photo de mon corps mutilé.

De nombreuses battues organisées dans la forêt n’ont jamais permis de retrouver ni le portail ni aucun animal inconnu.

Je sais moi, que des êtres chassent l’humain comme nous le faisons avec les poissons. Des êtres qui utilisent notre curiosité pour nous attraper et nous dévorer.

Promeneurs méfiez vous des portail vieux, rouillés, entrouverts, des portails seuls, sans clôture, au milieu d’un bois, fiché dans le sol comme tombés de la lune

Posté par Palelune à 22:08 - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 janvier 2008

Le bel emplumé

Oyez oyez villageois

Oyez l’histoire de Firmin le potier

Un ange aux plumes couleur de suie

Traversant avec fracas les tuiles du toit

Sur la table de Firmin s’écrasa

Une aile brisée le bel emplumé dans l’atelier gisait

Considérables les dégâts étaient

Car plus de deux mètres l’ange mesurait

Je suis un gardien de la nuit

Attaqué je fus par des harpies

Grande fut ma chance de chez toi être tombé

Car de tous les humains un seul pouvait me soigner

Notre artiste potier d’une fine attelle de terre

De son nocturne visiteur l’aile appareilla

Une semaine Firmin l’ange cacha

De la lumière le jour le protégeant

De pignons de pins la nuit le nourrissant

Quand enfin à minuit son envol reprit

Le gardien des ténèbres

A Firmin de son aile une plume laissa

Instruit des secrets et de la magie du présent

Sous son chandail de laine

L’angélique objet le chanceux potier cacha

Finissant de son toit la réparation

Il pensait aux lointaines étoiles

Où la plume noire

Bientôt l’emmènerait

Oyez oyez cette étrange histoire

Oyez l’histoire de Firmin le potier

Posté par Palelune à 15:50 - Firmin le potier - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 décembre 2007

Firmin et le père Noël

Oyez oyez l’histoire de Firmin

Oyez l’histoire de Firmin le potier

En cette soirée du vingt-quatre décembre

En forêt du bois pour le feu partit chercher

Air frais et ciel étoilé Firmin rêveur levait le nez

Et Lâchait aussitôt son fagot surpris qu’il fut

Par ces six rennes argentés tirant un rouge traîneau

D’où descendit un gros bonhomme débonnaire et barbu

Le père Noël auprès de Firmin s’excusa

De la peur qu’il provoqua

De l’eau du puits grand besoin il avait

Pour abreuver ses bêtes assoiffées

Firmin aux lutins indiqua l’endroit

Et les petits êtres portèrent avec entrain

Le rafraîchissant liquide aux argentés cervidés

Quand enfin soif plus ils n’avaient

Père Noël son équipage apprêta

Et un gros paquet à notre potier donna

Firmin fou de joie le père Noël enlaça

Mais ce magique personnage on ne doit point toucher

Instantanément en lutin fut changé

La larme à l’œil père Noël avec ses autres esclaves le mit

Oyez oyez l’histoire de Firmin

Oyez la triste histoire du potier qui au père Noël croyait

Posté par Palelune à 12:04 - Firmin le potier - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Page suivante »