11 mai 2008
Noires pensées

08 mai 2008
L'arbre et la corde

Je cherche une corde en chanvre Et un arbre pour me pendre Un vieil arbre au tronc trapu Un grand arbre bien feuillu Une branche au bois poli Où je suspendrai ma vie Olivier chêne ou mélèze J’y oublierai mon malaise Je cherche une corde en chanvre Et un arbre pour me pendre
29 avril 2008
LE GEANT LAPIN
Oyez oyez braves gens
Oyez cette histoire de Firmin le potier
Bruit lourd dans la forêt
Cinq coudées de haut au moins
Sur la place du village
Vient d'arriver un géant lapin
De mémoire de paysan
Jamais un si gros animal on ne vit
Méchant point il n'était
Mais tout le maïs allait grignoter
L'intelligent potier une solution devrait trouver
Alors villageois et paysans allèrent l'interroger
Stupéfait il fut devant l'énorme rongeur
A gros lapin grosse carotte pensa Firmin
Et dans son atelier un légume de deux coudées se mit à travailler
Aussi vraie qu’une vraie la plante potagère bientôt fut terminée
Juché sur ses échasses le potier dans son dos le leurre attacha
Museau remuant dans le vent
La boule de poils par la carotte attirée
De Firmin se rapprocha pour faire un bon repas
Grandes enjambées les échasses faisaient
Et le joyeux animal derrière Firmin gambadait
A plusieurs lieux du village ainsi le mena
Loin des champs de maïs et des greniers à grains
Dans une grande prairie sûrement magique
Où grignotaient moult géants lapins
Oyez oyez Villageois et paysans
Oyez cette étrange histoire de Firmin le potier
21 avril 2008
La porte noire

La porte était ouverte, alors je suis entré
La porte était ouverte, elle m’attirait
Odeur du salpêtre et de l’humidité
Fraîcheur de l’air et silence léger
La porte était noire comme mes pensées
Assis sur la dalle les jambes croisées
Je goûtait le calme et m’interrogeais
Puis j’ai senti sa présence à mon côté
Elle était là je le sais
J’ai pu la ressentir, j’ai pu la toucher
Quand j’ai voulu partir, la porte était fermée
La porte était fermée elle m’emprisonnait
15 avril 2008
Les fourmis et Firmin
Oyez oyez braves gens
Oyez l’histoire de Firmin le potier
La reine et le roi des fourmis
De leur cité souterraine étant sortis
Entre les carreaux du sol passèrent
Pour observer Firmin travailler la terre
Il se disait dans le petit royaume
Que ce potier était un savant homme
Voyant sur le linteau de la cheminée
Le couple royal installé
L’artiste en leur honneur
Une fourmi décida de sculpter
Les mains tournoyaient malaxant la glaise
Pattes antennes couronne
Sous les mains de Firmin doucement prenaient forme
Les petites têtes couronnées
Admiraient le travail ainsi produit
Quand du four la bête de terre enfin sortit
De suite la reine se reconnut
Saluant comme il se doit
Firmin donna la statue aux royaux insectes
Fiers ils étaient de ce présent
Offert par le gentil géant
Se glissant sous l’œuvre encore tiède
Des milliers de Fourmis en route se mirent
Portant sur leur dos l’idole en terre cuite
On raconte qu’une nuit de pâle lune
Une gigantesque fourmi sortant de chez Firmin
Partit dans la forêt rejoindre le malin
Depuis ce temps là rentrant de la messe
Le dimanche matin
Les vieilles se signent
Traversant la clairière
Où habite Firmin
Oyez oyez braves gens
Oyez l’histoire du potier que les vieilles craignaient
08 avril 2008
Les fêtes de Pampelune
Oyez oyez braves gens Oyez l'étrange histoire de Firmin le potier Sur ses échasses grimpé Baluchon sur le dos et gourde au côté Aux fêtes de San Fermín décida d’aller Pour courir devant les taureaux dans la rue lâchés A Pampelune étant arrivé De blanc et de rouge vêtu à l’encierro s’est rendu Noires étaient les bêtes grandes étaient les cornes Quand furent ouvertes les portes de l’enclos Vague blanche à la rouge écume La foule des coureurs en mouvement se mit Au milieu des cris Firmin courait le cœur battant Martelé sur les pavés Le bruit des sabots de lui se rapprochait Bavant l’écume rendu furieux fracassant la palissade de bois Le plus gros des taureaux dans la ville s’échappa Poursuivant Firmin qui par la brèche était parti Toute la matinée dans les rues inconnues Firmin courut Se jouant des cornes de la bête en furie Sous les yeux des habitants ébahis La lute inégale continua l’après-midi Et le taureau en premier arrêta la partie Dompté qu’il était par un têtu potier Jetées étaient les fleurs Sur le passage de Firmin Grande fête fut donnée Et le taureau gracié Sur ses échasses grimpé Baluchon sur le dos et gourde au côté Vers la lande mystérieuse Firmin repartit Fière noire et puissante L’énorme bête marchait devant lui Oyez oyez braves gens Oyez l’histoire du potier qui les taureaux savait dresser
30 mars 2008
la lâcheté des dieux
Oyez oyez braves gens
Oyez l’histoire de Firmin le potier
S’en revenant d’Espagne
Les Pyrénées traversait
Quand dieux des vents et des tempêtes
Décidèrent de s’amuser du potier
Du bleu au noir le ciel passa
Sauvages éclairs le sol frappaient
Poing rageur au ciel levé
Courbé dans sa peau de mouton
Firmin avançait
Pluie drue et froide neige
En lourdes rafales sur lui s’abattaient
Insultant les cieux et tenant son béret
Firmin avançait
Bonhomme têtu et courageux
Bravant les dieux et leurs stupides jeux
Dans une grotte enfin se réfugia
Hurlait le vent tombaient les arbres
Roulaient les rochers par la boue emportés
Dans son refuge du bois mort trouva
Et d’une mèche d’amadou l’alluma
Qu’un potier puisse les ridiculiser
Comment le supporter
La puissance des dieux n’a d’égal
Que leur grande lâcheté
Alors que sur son feu se réchauffait
Par un ours gigantesque
Le firent décapiter
Oyez oyez villageois
Oyez l’histoire de Firmin
Oyez l’histoire du potier par les dieux assassiné
24 mars 2008
Pensées d'un vampire
Comme tous les cent ans, je viens de me réveiller.
Cette nuit, je vais aller chasser.
Trouver quelques humains à saigner et à boire avant de me recoucher pour une centaine d’années.
Quelque chose dans l’air a changé.
Une étrange lueur entoure le cimetière, et des bruits que je ne peux identifier émanent de la ville proche.
A chaque fois c’est pareil je suis toujours surpris par le progrès réalisé par les hommes.
Hum ! pourvu que la qualité du sang n’en soit pas altérée.
Enfin, que mon festin soit agréable, et la chasse excitante.
Que je puisse rapporter à mon seigneur des ténèbres quelques belles âmes vierges et pures afin qu’il m’accorde un prochain réveil.
Aller je me risque à l’extérieur.
14 mars 2008
La fille du Nord
Oyez oyez villageois
Oyez l’histoire de Firmin le potier
Figure de proue colorée
Grand bateau sur le sable posé
Sur la plage déchargeait
De hauts guerriers blonds et armés
Traversèrent la forêt
Traversèrent le village
Sans mots prononcer
Sans maisons piller
Tout droit se Dirigeaient
Vers la maison du potier
Devant les visages défaits
Des Habitants terrorisés
Quand à son huis Firmin entendit frapper
Alla la porte ouvrir
Loin de se douter
De ce qu’il allait découvrir
D’abord stupéfait devant les guerriers
Son regard se posa
Sur celle qu’ils escortaient
Une fille du nord
Casque à cornes et yeux d’horizon
Rousse comme le feu
Vêtue de vison
Main tendue vers celle de Firmin
Présentait un parchemin
Au milieu des runes un dessin
Poterie fine et ouvragée
Que seul notre potier
Pouvait réaliser
Campement installé les voyageurs attendraient
Le temps qu’il faudrait
Les dieux du nord sont compliqués
Moult détails dut façonner
Sur ce qu’en fait s’avérait être un bouclier
De pierreries fut orné
D’or fin fut renforcé
A la princesse fut donné
Par le potier émue et troublée
Avec Firmin la dernière nuit décida de passer
Un sac d’or sur la table posé
Au pays des tempêtes au matin repartit
Riche mais seul
La fille du nord Firmin pleurait
Oyez oyez villageois
Oyez la triste histoire de Firmin le potier
05 mars 2008
Firmin et la voyante
Oyez oyez braves gens
Oyez l’histoire de Firmin le potier
Dans une grotte au cœur de la forêt
Une très vieille femme vivait
Si vieille elle était que le centenaire du village
A qui voulait l’entendre racontait
Que tout petit déjà vieille il la voyait
Devant la grotte un jour Firmin vint à passer
La vieille alors à entrer l’invita
Et dans la caverne intrépide notre potier entra
Poules et poulets au sol les graines picoraient
Sur la table vermoulue une grosse boule de verre
Sous les mains de la vieille brillait d’un vif éclat
A genoux sur le sol fasciné
Firmin regardait dans la boule tournoyer la fumée
Ongles longs, doigts crochus autour du verre
La sorcière des arabesques dessinait
Et là dans les vapeurs prisonnières
Des images apparaissaient
Bêtes fabuleuses indomptables tempêtes
Personnages étranges avec couronne sur la tête
Mondes inconnus diables cornus
Dans la boule se télescopaient
Ces visages Firmin les connaissait
Mais la vieille en restait bouche bée
Tremblante son regard horrifié
Vers le potier se dirigeait
Puis le globe repoussant
Avança vers Firmin en se prosternant
Moult signes de croix et gestes bizarres faisant
Avec grand égard vers la sortie son gênant invité poussa
Oyez oyez braves gens
Oyez l’étrange du potier qui les voyantes terrorisait
29 février 2008
Le mourant
Regardes moi , allongé et maigre sur ce drap
La mort m’a touché du doigt
Regardes moi, je ne vois plus que toi
Toi ma lumière dans la nuit qui vient
Viens me réchauffer encore une fois
Encore une fois toucher ton visage
Mes dernières forces pour te prendre le bras
Avant que le froid ne m’envahisse.
Comme elles sont chaudes tes larmes
Comme elles me font du bien
Et comme elles me brisent l’âme
Tant à partager et tant de temps perdu
La vie devant toi, la vie devant toi
En dieu je ne crois pas
Nous ne nous reverrons donc plus
Que de temps perdu
La mort m’a touché du doigt
Serres moi fort contre toi
La voilà …la voilà
22 février 2008
La pierre
Je dormais depuis plus de deux siècles allongé sous cette pierre
Bien sur au début je percevais le chagrin des vivants
Je sentais les fleurs des champs déposées sur mon nom avec amour
Mais les visites s’espaçant je me suis endormi pour toujours
Pourtant il y a quelques temps, je fus réveillé par une larme
Une larme tombée sur ma pierre tombale
Depuis je ressens régulièrement cette présence, douce et fragile
Je suis heureux, chaque jour je l’attends. Dès fois elle me parle
Et sa voix …sa voix me rappelle
.......
Je m’appelle Rose.
J’ai pris pour habitude de venir dans ce cimetière oublié
Sur cette tombe ancienne je m’assois et je laisse vagabonder mes pensées
La première fois, j’ai ôté de ma main la mousse pour lire la date gravée
1685 – 1750 alors j’ai pleuré en pensant à la solitude de ce lieu
Quelques fois je me surprends à parler à la personne ici enterrée
Et par curiosité la mousse j’ai continué à gratter
Sous la date il est écrit Ci-gît Firmin Le potier
14 février 2008
Le diable de Firmin
Oyez oyez braves gens
Oyez l’histoire de Firmin le potier
Un jour le diable Firmin vint chercher
Pour le grand chaudron de lave de l’enfer réparer
De la large fissure ouverte dans la clairière
Le soufre remontait en jaunes vapeurs
Tête cornue queue fourchue
Debout sur ses pattes arrières
La porte de la poterie d’un coup de trident éclata
Par la chemise Firmin attrapa
Et dans les entrailles de la terre l’emmena
Remis de ses émotions
La brèche constata dans le chaudron
Et au travail en l’instant notre potier se mit
Dans le bruit la poussière et l’intense chaleur
L’artiste colmatait avec ardeur
La fissure de l’infernale marmite
Son front ruisselant d’un revers de manche essuyait
Contemplant sa tache terminée
Avec moi en enfer tu vas rester dit le diable
Posant sa fourche sur la gorge du potier
Mais comment garder près de toi
Un homme qui en dieu ne croit pas
Voilà qui est juste Firmin
Et sur un geste de la main dans la clairière
Le potier renvoya
Grisé par l’air frais titubant jusqu’à son atelier
La porte défoncée lui prouva que rêver point il n’avait
Oyez oyez l’histoire de Firmin
Oyez l’histoire du potier que le Diable connaissait
08 février 2008
Les figés
Presque deux heures. Presque deux heures que je suis là devant mon blog, devant cette photo prise cet après midi. Cette terrible photo. Deux heures que j’attends une réponse de quelqu’un n’importe où dans le monde, mais au moins une réponse ! suis je donc le dernier être humain non figé ?
J’étais assis derrière la cathédrale, cherchant le meilleur angle pour photographier l’ange de pierre. Je les ai vu arriver ces deux amoureux, choisir l’endroit pour immortaliser leur passage devant le célèbre édifice. En riant ils se sont installés là et … plus rien ils ne bougeaient plus ! figés ! c’est là que j’ai pris conscience du silence qui m’entourait. Me retournant brusquement, je les ai vu , tous comme gelés, voitures arrêtées, passants statufiés, et cette mamie devant son magasin, les enfants et le petit chien tous…Je les ai photographiés sûrement pour me rassurer me disant que non ! ce n’est pas possible, je dois rêver c’est un cauchemar ! Alors je suis rentré chez moi en courant comme jamais je ne l’avais fait. Evitant ces statues de chair, criant pour briser le silence de la ville morte. La radio était muette, la télé éteinte. Internet… oui voilà ! Internet mon blog ! poster les photos, attendre… attendre.
Presque deux heures. Presque deux heures que je suis là devant mon blog
Ces deux superbes photos sont signées L.
http://zoomsurlecoeur.com/wordpress/
30 janvier 2008
La Camarde
Oyez oyez braves gens
Oyez l'étrange histoire de Firmin le potier
La peste à travers le royaume sévissait
Chacun chez soi restait cloîtré
Minuit à la pendule venait de sonner
Quand à son huis trois coups entendit frapper
Une chandelle à la main Firmin sa porte ouvrit
Grande maigre encapuchonnée appuyée sur sa faux la mort attendait
Ne s'étonnant de rien et croyant son heure arrivée
Dans son atelier la fit entrer lui trouva un siège au coin de la cheminée
Je ne viens pas pour toi Firmin dit la voix sous la capuche
Je suis fatiguée d'avoir trop tuer et je dois me reposer
Toi qui soigne les anges et joue avec les fées
Je savais qu'en ta maison la mort accueillerais
Penchant la tête dans un sinistre craquement
Au fond de la poterie la camarde s'endormit
Elle resta là dormant deux mois durant
Firmin en prenait grand soin
Epoussetant quelques fois la robe de bure et le noir capuchon
De peste il n’y avait plus de morts non plus
Quand l’heure du réveil enfin fut venue
La belle notre potier remercia
D’une glaciale tape sur le dos
Susurrant à son oreille
Je reviendrai Firmin je reviendrai
Puis sous la lune la décharnée dans la lande disparut
Oyez oyez braves gens
Oyez l’histoire du potier qui la mort point ne craignait
25 janvier 2008
Souvenirs de plage
Photo Valérie
6 juin 1944 6h15 Omaha beach. J’étais malade dans la péniche de débarquement. Le mal de mer, la trouille la vraie, celle qui paralyse. La plage était là sortant du brouillard. Quand les premiers obus sont tombés, je crois que je me suis pissé dessus. Mon ami henry avait vomi beaucoup plus que son corps devait contenir d’organes. Le bruit était assourdissant, puis d’un coup la porte est tombée.
Seul. Je me suis retrouvé instantanément seul et sourd au milieu d’un bateau rempli de cadavres tous déchiquetés par une bombe. Protégé que j’étais par les restes du corps d’henry. C’est la panique qui m’a obligé à me ruer à l’extérieur. enjambant mes camarades comme un fou qu’à cet instant je devais être. Un fou en enfer.
Je suis tombé à l’eau, j’ai coulé instantanément, quand mes pieds ont touché le sable, je voyais au dessus de moi ce halo lumineux au travers de l’eau ; ce halo de lumière et donc d’oxygène. Tel un scaphandrier pas après pas je remontais la pente. La lumière était plus proche, l’eau plus rouge . c’est entre deux cadavres mutilés que j’émergeais. respirant à plein poumons cet air saturé de l’odeur du sang et de la poudre.
Lentement je sortais de cette tombe liquide. J’avais retrouvé le sens de l’ouïe, et les hurlements des blessés m’étaient insupportables.
C’est à ce moment que je les ai vu ces deux cavaliers. Arrivant tranquillement, au trot au milieu des morts, traversant les barbelés sans même sans soucier. A mon niveau se sont arrêtés, m’ont poliment salué puis ont repris leur promenade sur la plage. Je les regardais s’éloigner sur une grève dégagée et claire comme un matin de vacances. L’enfer à ma gauche, le paradis à ma droite. Mais à travers leurs silhouettes je pouvais voir la falaise.
Là j’ai compris que je ne mourrais pas ici. Non, ni là ni maintenant. Alors j’ai marché droit vers le pied de cette falaise où s’abritaient mes camarades de l’horreur. Et j’ai ensuite marché bravant la mort, d’Omaha beach jusqu’au nid d’aigle de Berchtesgaden, couvrant ma poitrine de médailles et de galons.
Je reviens régulièrement tous les trois ans sur cette plage. Le temps n’efface pas le cauchemar
Si je griffonne ces quelques lignes à la hâte sur un bout de papier, c’est qu’aujourd’hui, je les ai revu, les cavaliers. Sur cette belle plage ensoleillée. Se sont arrêtés m’ont salué je sais maintenant que je vais mourir là. Je ne retournerai pas chez moi. Pas cette fois.
Lettre trouvée à côté du corps d’un touriste américain. Arthur Obson. Le commandant Obson qui débarqua sur la plage où il vient de mourir le 06 juin 2007.
20 janvier 2008
La fée de Firmin
Photo montage LORD KELTES
http://lkvisions.canalblog.com/archives/p6-6.html
Oyez oyez villageois
Oyez l’histoire de Firmin le potier
S’en revenant du village bien après minuit
En traversant la forêt
Sa lanterne haute devant lui tenait
Par la vacillante lumière attirée
Une jolie fée ailée
Sur la main du potier vint se poser
Grand prodige que cette rencontre
Car de fée nul jamais n’avait vu
Et Firmin sûrement des hommes le premier fut
Installée dans l’atelier
Elle le ravissait par ses tours magiques
Et l’artiste potier inspiré créait des œuvres magnifiques
Sans faille était leur amitié
Mais rien jamais ne peut rester secret
Et la cupidité finit par ce conte briser
Une poignée de briguants par un cirque embauchés
Alors que de la glaise dans la forêt Firmin cherchait
Entrèrent dans l’atelier pour la fée capturer
Malgré sa petite taille c’était une redoutable guerrière
Quand de sa quête Firmin revint
Au milieux du fracas et des taches de sang
Gisait son amie
Elle attendait là sur le sol le retour de son potier
Quand au creux de ses mains il la mit
Dans un tourbillon d’étoiles son dernier soupir l’emmena
Ainsi meurent les fées
On raconte que de son atelier jamais Firmin ne ressortit
Oyez oyez cette étrange histoire
Oyez l’histoire de Firmin le potier
14 janvier 2008
Le portail
Photo ISIS
http://lejardindephilae.over-blog.com/
Inattendu et insolite en ce lieu, le portail était vieux, rouillé, entrouvert. Un portail seul, sans clôture, au milieu d’un bois, fiché dans le sol comme tombé de la lune. Je décidais de le franchir.
Je n’ai pas tout de suite pris conscience du vertige qui m’envahissait. Quand les arbres autour de moi se sont estompés pour ouvrir ma vue sur un horizon noir et étoilé, je me suis senti tomber dans l’infini; comme aspiré par un vide, un vide qui me portait.
Je marchais ou plutôt, je flottais en marchant sur un sol inexistant. Tout était étrange, j’étais dans un ciel de nuit. Emerveillé par tant de beauté, je n’ai pas vu arriver ces sombres créatures qui se confondaient avec ce paysage crépusculaire. Les premier frôlements me firent l’impression de traverser une géante toile d’araignée. La beauté de ce lieu magnifique se changea bien vite en cauchemar car je compris très vite, à la première morsure, être la proie d’une partie de chasse.
Je distinguais au dernier moment leurs petits yeux jaunes et blancs. Elles me semblaient nombreuses. Les terribles douleurs au sommet de mon crâne ne pouvaient qu’être faites par des créatures ailées. Le sang brouillait ma vue, je distinguais à peine ce petit point lumineux, loin trop loin. Ce portail maudit posé là comme un appât. Elles ne m’auront pas , pas moi.
Je me suis débattu, faisant tourner ma chemise au dessus de ma tête, leurs griffes me lasseraient le dos à chaque passage de cet essaim mortel. Il était là maintenant je pouvais voir les arbres, la lumière. Encore un effort un dernier. quelques mètres. Encore un effort.
Les rapports des experts stipulent que les trous dans ma chair ont été fait par des mâchoires acérées d’animaux inconnus. Une dent restée fichée dans mon omoplate est aujourd’hui exposée au musée de Brumevaire à côté des photo de mon corps mutilé.
De nombreuses battues organisées dans la forêt n’ont jamais permis de retrouver ni le portail ni aucun animal inconnu.
Je sais moi, que des êtres chassent l’humain comme nous le faisons avec les poissons. Des êtres qui utilisent notre curiosité pour nous attraper et nous dévorer.
Promeneurs méfiez vous des portail vieux, rouillés, entrouverts, des portails seuls, sans clôture, au milieu d’un bois, fiché dans le sol comme tombés de la lune
05 janvier 2008
Le bel emplumé
Oyez oyez villageois
Oyez l’histoire de Firmin le potier
Un ange aux plumes couleur de suie
Traversant avec fracas les tuiles du toit
Sur la table de Firmin s’écrasa
Une aile brisée le bel emplumé dans l’atelier gisait
Considérables les dégâts étaient
Car plus de deux mètres l’ange mesurait
Je suis un gardien de la nuit
Attaqué je fus par des harpies
Grande fut ma chance de chez toi être tombé
Car de tous les humains un seul pouvait me soigner
Notre artiste potier d’une fine attelle de terre
De son nocturne visiteur l’aile appareilla
Une semaine Firmin l’ange cacha
De la lumière le jour le protégeant
De pignons de pins la nuit le nourrissant
Quand enfin à minuit son envol reprit
Le gardien des ténèbres
A Firmin de son aile une plume laissa
Instruit des secrets et de la magie du présent
Sous son chandail de laine
L’angélique objet le chanceux potier cacha
Finissant de son toit la réparation
Il pensait aux lointaines étoiles
Où la plume noire
Bientôt l’emmènerait
Oyez oyez cette étrange histoire
Oyez l’histoire de Firmin le potier
23 décembre 2007
Firmin et le père Noël
Oyez oyez l’histoire de Firmin
Oyez l’histoire de Firmin le potier
En cette soirée du vingt-quatre décembre
En forêt du bois pour le feu partit chercher
Air frais et ciel étoilé Firmin rêveur levait le nez
Et Lâchait aussitôt son fagot surpris qu’il fut
Par ces six rennes argentés tirant un rouge traîneau
D’où descendit un gros bonhomme débonnaire et barbu
Le père Noël auprès de Firmin s’excusa
De la peur qu’il provoqua
De l’eau du puits grand besoin il avait
Pour abreuver ses bêtes assoiffées
Firmin aux lutins indiqua l’endroit
Et les petits êtres portèrent avec entrain
Le rafraîchissant liquide aux argentés cervidés
Quand enfin soif plus ils n’avaient
Père Noël son équipage apprêta
Et un gros paquet à notre potier donna
Firmin fou de joie le père Noël enlaça
Mais ce magique personnage on ne doit point toucher
Instantanément en lutin fut changé
La larme à l’œil père Noël avec ses autres esclaves le mit
Oyez oyez l’histoire de Firmin
Oyez la triste histoire du potier qui au père Noël croyait









